Témoignage : le carnet Mon Récap, un levier d’autonomie numérique au cœur de l’accompagnement social à Strasbourg

Maël est conseiller numérique à Strasbourg et intervient dans le cadre du dispositif Territoire zéro non-recours. Il utilise les carnets Mon Récap dans ses pratiques depuis janvier 2025. Découvrez son interview.

Publié le mardi 13 janvier 2026

Est-ce que tu peux te présenter et nous parler de ta mission aujourd’hui à Strasbourg ? Et puis nous dire, comment tu as connu Mon Récap, et pourquoi tu as choisi de l’adopter dans tes pratiques ?

J’ai commencé à utiliser (Ouvre une nouvelle fenêtre) Mon Récap en janvier, début février 2025. Ça fait maintenant environ six mois qu’on intervient dans toute la ville de Strasbourg, dans quatre lieux hors les murs.

Je suis conseiller numérique pour la ville de Strasbourg. Je travaille dans le cadre d’un dispositif de l’État qui s’appelle Territoires zéro non-recours, qui vise à lutter contre le non-recours aux aides et prestations sociales.

Concrètement, depuis janvier, j’ai dû réaliser une grosse centaine d’interventions, accompagné une cinquantaine de bénéficiaires… et quasiment autant avec Mon Récap.

Mon Récap permet aux usagers comme aux pros d’avoir une trace claire de ce qui a été fait et de ce qui reste à faire, quel que soit le lieu ou le professionnel rencontré.

Qu’est-ce qui t’a amené à identifier Mon Récap comme un outil pertinent ? Pourquoi t’es-tu dit que ça pouvait être utile pour les personnes que tu accompagnes ?

Très rapidement, Mon Récap est devenu quasiment indispensable à mon travail. Pour une raison toute simple : la majorité des personnes que j’accompagne ont des problèmes avec leurs mots de passe.

Avant, une partie importante de nos interventions était consacrée à la récupération ou à la recréation de mots de passe oubliés. Les conseillers connaissent bien ça… Et franchement, c’était une vraie perte de temps.

Les bénéficiaires n’avaient aucun endroit précis pour noter leurs informations, et il n’y avait aucun lien entre les rendez-vous. Mon Récap m’a permis d’installer une continuité entre les différents moments d’accompagnement et aussi entre les différents partenaires avec qui les personnes sont en lien.

Au-delà de l’aide administrative que j’apporte, il y a aussi beaucoup d’orientation vers d’autres professionnels. Et Mon Récap permet aux usagers comme aux pros d’avoir une trace claire de ce qui a été fait et de ce qui reste à faire, quel que soit le lieu ou le professionnel rencontré.

À qui remets-tu le carnet en priorité ? Pour quels types de publics, selon toi, il est particulièrement utile ?

Alors, très honnêtement, au départ, on pourrait penser que c’est surtout pour les seniors, notamment pour les aider avec les démarches en ligne. Mais en fait, le gros de mon public, ce sont des personnes actives entre 40 et 59 ans.

Et même pour les jeunes de 20 à 30 ans, c’est un outil très utile.

Pourquoi ?

  • Les seniors ont souvent du mal à retenir ou à noter leurs mots de passe. Ce n’est pas un réflexe pour eux.
  • Les jeunes, eux, ont l’habitude d’utiliser leur téléphone… mais plutôt pour les réseaux sociaux ou les loisirs, pas pour organiser leurs identifiants administratifs.

Donc finalement, quel que soit le public, Mon Récap est extrêmement utile au quotidien.

Est-ce que tu aurais une anecdote ou un exemple parlant d’un usager et de l’évolution que tu as pu observer grâce à Mon Récap ?

Oui, j’en ai plusieurs. J’ai vraiment vu une évolution positive dans la manière dont les usagers se sont saisis de l’outil.

Au départ, quand je leur remettais le carnet, il y avait une vraie réaction de joie, comme s’ils recevaient un petit cadeau. Et ça crée tout de suite un lien différent entre nous. Dans une époque où tout est dématérialisé, recevoir un objet physique, concret, ça change tout.

Avant, les personnes notaient leurs identifiants sur des bouts de papier ou dans des carnets disparates… qu’ils oubliaient ou perdaient. Certains faisaient même des kilomètres pour un rendez-vous, pour finalement se retrouver bloqués sans leurs infos.

Depuis qu’ils utilisent Mon Récap, il y a un vrai suivi régulier. Ils notent leurs identifiants, notamment sur la page 21, que je trouve très bien faite avec les logos de la CAF, la CPAM, les impôts, France Travail…

On ne note pas forcément le mot de passe lui-même, mais un indice, pour rester dans la confidentialité. Et aujourd’hui, j’ai des personnes qui me disent : "Ah mince, j’ai oublié mon carnet, j’y vais et je reviens !", et qui reviennent systématiquement avec.

C’est devenu un réflexe : dès qu’ils arrivent, ils sortent leur carnet.

Avant, récupérer un mot de passe était une vraie galère… aujourd’hui, c’est fluide.

Offrir un carnet crée tout de suite un lien différent entre nous. Dans une époque où tout est dématérialisé, recevoir un objet physique, concret, ça change tout.

Est-ce que tu as des phrases ou conseils pour encourager les bénéficiaires à utiliser le carnet et à revenir avec ?

Oui, absolument. Je leur recommande vivement de l’utiliser aussi avec les autres professionnels qu’ils rencontrent. Au début, certains l’utilisaient seulement pendant nos rendez-vous… mais ensuite, les infos se perdaient dans leurs autres démarches.

Désormais, je les encourage à l’emmener partout : du centre culturel à l’association, puis chez nous ou ailleurs. Et ça fonctionne ! Ils retrouvent des traces de leur parcours, ils gagnent en autonomie, et surtout, ils valorisent leur propre histoire.

Ce n’est plus juste un enchaînement de démarches : ils deviennent acteurs de leur parcours. Et ça, c’est un des gros points positifs du carnet.

Ce n’est plus juste un enchaînement de démarches : ils deviennent acteurs de leur parcours. Et ça, c’est un des gros points positifs du carnet.

As-tu rencontré des difficultés avec l’outil ? Et si oui, comment les as-tu surmontées ?

Franchement, pas vraiment. Je prends le temps d’expliquer aux personnes que le carnet fait partie intégrante du processus. C’est un outil aussi important que la démarche elle-même. Et ça marche ! Ils comprennent son utilité, ils l’intègrent.

J’ai noté quatre grands avantages de Mon Récap :

  1. L’autonomisation :
    Les personnes prennent confiance en elles, elles deviennent actrices de leurs démarches.
  2. La fluidité de communication entre pros :
    On évite les pertes d’infos, les doublons dans les accompagnements.
  3. L’accessibilité :
    Grâce aux pictos des administrations, aux fiches rendez-vous… Tout est clair, visuel, facile d’accès.
    C’est utile pour des personnes ayant des difficultés avec le français ou des troubles visuels.
  4. La structuration des démarches :
    Beaucoup de bénéficiaires ont des situations complexes, multifactoriels.
    Le carnet leur permet de mieux s’y retrouver, de savoir où ils en sont, avec qui ils ont parlé, ce qu’il leur reste à faire.
    C’est un outil de clarté, pour eux comme pour nous.

Merci beaucoup pour ce témoignage très riche. Est-ce que tu voudrais ajouter un mot pour la fin ?

Oui, si je devais retenir une seule chose, c’est vraiment ça :

Mon Récap, ce n’est pas juste un carnet.

C’est un levier d’autonomie, un lien entre les personnes et les professionnels, et un outil concret dans un monde de plus en plus numérique.

Et il est utile à tout le monde, quels que soient l’âge, le niveau ou le parcours.

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Merci à Maël de nous avoir accordé du temps pour ce témoignage, et à Annie et Annaëlle de notre équipe pour la rédaction de cette interview.

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